Cette division blindée est effectivement le fer de lance (spearhead) du 7ème corps d’Armée de la 1ère Armée américaine.
Celle-ci est dirigée par le Général HODGES depuis le 1er août 1944 et, après avoir rompu le front allemand d’Avranches, en Normandie, elle sera en pointe des opérations vers le nord de la France et la Belgique, au sein du 7ème Corps du 12ème Groupe d’Armée de BRADLEY, à la droite du 21ème Groupe d’Armées britanniques et Canadiennes de MONTGOMERY, avant d’aller jusqu’à l’Elbe, en 1945, où elle sera au moment de la capitulation allemande.
La 3ème DB américaine (3rd armored division) a été crée en avril 1941 au camp Beauregard (sous les yeux d’un certain Georges S Patton), aux USA, et s’est entraînée au combat au camp Polk puis dans le désert Mojave, ensuite au camp Pickett, et enfin, après un entraînement très intensif à Indiantown gap de janvier à août 1943, elle embarque à New-York le 5 septembre 1943 pour la Grande-Bretagne, où elle poursuit son entraînement avant l’engagement pour le front. La Troisième division blindée était l’une des unités cuirassées les plus puissantes de toute l’armée alliée. Forte de près de 11.000 hommes, elle regroupait en son sein 390 chars de combat, 54 obusiers de 105 autoporteurs, 753 véhicules semi-chenillés et plus de 3.600 véhicules à roues.
Elle comprenait essentiellement :
Elle débarque en Normandie le 24 juin 1944, monte directement au front et reçoit son baptême du feu à Marigny, au sud de Mayenne puis prend part à la bataille de St-Lô, entre le 25 juillet et le 2 août, avec une intervention le 31 juillet pour repousser la contre-attaque de Mortain sur Avranches, ouvrant ainsi aux armées alliées la porte vers la Bretagne et permettant de contourner les positions allemandes vers l’est.
Le 4 août, la 3ème DB poursuit, au sein du 7ème corps d’armée américaine, son mouvement tournant vers l’est, abandonnant l’idée première de conquête de la Bretagne et des ports de l’Atlantique. Remontant vers le nord, la troisième atteint Argentan le 13 août et participe à la fermeture de la « poche de Falaise », aux côtés de la 3ème armée de PATTON, fermeture réalisée le 20 août.
Le 25 août, la 3ème franchit la Seine près de Mantes-la-Jolie, d’où elle repart, le 26, pour sa grande offensive en direction de la Belgique. Elle fait toujours partie du 7ème corps d’armée, au centre et en avant-garde, avec la 1ère division d’infanterie, sur sa gauche et la 9ème sur sa droite.
La troisième sera la première division américaine à arriver sur la ligne Siegfried, à Petergensfeld en Allemagne, le 10 septembre, avec une Cie du 83rd Armored reconnaissance battailon , et à l’enfoncer à Rötgen le 12 septembre, avec les chars du 2nd Bn du 33rd Armored Regiment , pour porter les combats au cœur du Reich. Elle aura entre-temps, libéré les localités Belges sur l’axe Mons-Charleroi-Namur-Huy-Liège-Eupen.
Le 20 décembre 1944, au cours de la bataille des Ardennes, le Q.G. de la troisième, ramené en Belgique avec le 7ème corps pour contrer l’avance allemande, est à Manhay, et l’axe de résistance est entre Grandmenil et Hotton. Une unité de la troisième (Lt Col HOGAN) tomba à court de carburant à Marcouray (entre La Roche et Hotton) et sabota son matériel avant de rompre l’encerclement à pied et en pleine nuit ! Cet épisode est bien connu sous le nom des « 400 de Hogan ». Cette action évita la capture des 400 hommes de cette unité.
La troisième participa aux combats de St-Vith et Houffalize jusqu’en janvier 1945. Traversant la Ruhr à Düren, le 32ème armored regiment entre dans Cologne (Köln) le 5 mars mais ne peut franchir le Rhin.
Après la conquête de la partie rive gauche de la ville, elle redescend sur Bonn, arrive à Remagen où un pont sur le Rhin a été récupéré intact le 7 mars par les américains. Elle traverse le Rhin le 12, part sur Bad Honnef et fonce sur Altenkirchen puis Marburg. Elle remonte sur Paderborn et participe à la réduction de la poche de la Ruhr dans la région Paderborn-Lippstadt. C’est là qu’elle perd au combat, le 31 mars, son commandant en Chef, le Major-Général ROSE, âgé de 46 ans. Repartant vers l’est, elle traverse la Saale à Bernburg et Halle, et parvient à Dessau le 23 avril 1945. Le 7 mai 1945, la troisième DB est sur l’Elbe, de Aken à Torgau, au contact des troupes cosaques soviétiques.
Elle restera comme force d’occupation en Allemagne jusqu’à son retour à Fort Knox (Kentucky) aux USA, le 15 juillet 1947.
Organisation pour le combat :
Pour mener à bien le combat, la troisième DB regroupait l’essentiel de ses forces en deux groupes de combat ; les « combat Commands » A et B (CC A, CC B).
Chacun d’eux comportait une avant-garde (éléments de reconnaissance constitués de piper-cub et de blindés légers), des chars moyens, des unités d’infanterie, du génie et des chasseurs de chars. Chaque CC se déplace en général sur deux axes routiers.
Plus en arrière, l’artillerie, les transmissions, le médical. Les trains divisionnaires (logistique) ferment la marche. Ils forment le 3ème combat command (CC Réserve ou CC R).
La spearhead détient un nombre impressionnant de « records », à savoir :
De plus, les 14 unités ennemies suivantes ont été considérées comme complètement détruites par la spearhead :
La troisième n’a donc rien à envier aux « troupes d’élites » bien plus connues et tellement représentées…
Le prix à payer en vies humaines témoigne de l’âpreté des combats et de l’engagement incessant de la troisième division blindée du 24 juin 1944 au 12 mai 1945 :